« Les meubles, j’ai trouvé cela passionnant ! J’en ai crée beaucoup, car dans mes ateliers il y avait pour cela un département important. » Jean Prouvé

A une époque ou l’utilisation du tube acier cintré se généralise, Jean Prouvé, lui, se tourne vers la tôle d’acier pliée, emboutie, nervurée et soudée pour la réalisation de ses meubles. C’est entre 1924 et 1928 qu’il met au point ses premiers prototypes de sièges destinés tout d’abord à un usage familial.

Puis, vers les années 47, après l’installation de son atelier à Maxéville, Prouvé se lance dans une production importante de mobilier. Il ne fait pas de différence entre la structure d’un meuble et celle d’un bâtiment « Il n’y a pas de différence de principe entre la construction d’un meuble et d’une maison ». Dans les deux cas, il s’agit pour lui de faire en sorte qu’avec une économie maximum de moyens, cette structure résiste aux sollicitations mécaniques internes et externes : compression, traction, flexion, torsion…

« Comme industriel, je me suis rendu compte que pour faire un meuble, par exemple, dans mes ateliers, il suffisait que j’en ai l’idée ou qu’un de mes collaborateurs en ait l’idée, parce qu’on ne fait plus jamais rien tout seul maintenant, l’œuvre personnelle je crois que ça n’existe plus beaucoup. Une œuvre est le résultat d’un travail d’équipe, d’un échange d’idée entre différentes personnes d’une même affaire. Pour faire un meuble, l’idée étant lancée, je vais vous dire une vérité : si je dessinais une chaise, je demandais qu’elle soit construite pour le lendemain et l’atelier de prototypes de mes usines m’apportait la chaise telle que je l’avais dessinée avec toutes ses fautes. Mais le lendemain, le meuble était fait. On le corrigeait, il y a des corrections qui doivent se faire sur pièces et qui ne sont pas sur la table à dessin , et c’est là qu’on découvrait très vite que c’est par l’atelier que les bonnes idées arrivaient et que exécutants, les ouvriers, les manœuvres, ceux qui faisaient marcher les presses, ceux qui soudaient, par leurs idées qu’ils apportaient à longueur de journée permettaient de perfectionner et de mettre au point un objet dans un temps extrêmement réduit » (extrait d’une conférence de jean Prouvé à l’IFA, 1983.

Après la mise à l’écart de Jean Prouvé des Ateliers de Maxéville en 1952 et son départ obligé en 1956, il n’y aura plus aucun nouveau modèle fabriqué. Ses meubles continueront cependant d’être produits pendant quelques années encore à Maxéville (sous la direction de Pierre Missey, une de ses plus anciens collaborateurs) et distribués par la galerie Steph Simon à Paris.

En savoir plus suite 1

Musée national d'art moderne/Centre de création industriel, collection architecture/design 12 #

Mnam/Cci, bibliothèque Kandinsky, collection photographique 15 #

Mnam/Cci, Bibliothèque Kandinsky, collection manuscrits 32 #

Mnam/Cci, Bibliothèque Kandinsky, collection imprimés 9 #

Archives départementales de Meurthe & Moselle, fonds Jean Prouvé 9 #